"Le ciel"
Moitié bleu, moitié gris
Le ciel nous montre ses envies
Quelques gouttes viennent mourir sur le sol, s'enfonçant dans l'âtre
Nuages grisâtres
Allures mitigés
C'est ainsi que le temps est.
A peine l'instant de saisir les couleurs qui l'embellit
Le gris est déjà parti, il s'est enfuit
Le ciel bleu bien présent n'est pas prêt de bouger maintenant
Il a repris son droit, chassant le mauvais temps, chassant ses esprits malfaisants
Il est si beau, si azur, prenant toute la place dans le paysage
Occultant les nuages, ses amis de passage
Quel plaisir de le regarder
Intacte, pas l'ombre d'une poussière n'irai le tâcher
Un millier de fois il pourra voyager, un millier de fois, il se sera aussi parfait
Qu'il est bon de se délecter d'un ciel bleuté, lors d'un songe d'une fin d'après midi d'été.
"Bonheur"
L'idée du bonheur
M'allume le c½ur
Je m'agite
Et me précipite
Une légèreté envahit tout mon corps
Ne me parlez plus de mort
Un million d'étoiles scintillent dans mon regard
Oubliez mes airs sans espoir
J'irai chercher la joie
"Reste mon amour"
O toi amour
Doux comme la rosée du matin
Ne t'échappe pas
Reste au creux de moi
Laisse moi sentir ta vertu
Qui m'étreint et qui me tue
Je t'aime tant
Ne pense pas au temps
Reste encore
Toi seul, est le maître de mon corps.
"Revenant"
La nuit s'en va, le jour apparaît.
Mes pas guidés se repèrent à l'aube naissante,
L'herbe mouillée trempe mes pieds.
Je frôle de mes mains gelées les roseaux pliés.
Comment te voir ?
Comment voir se dessiner la forme de ton ombre ?
J'entends soudain, des feuilles craquées sous un pas pressé.
J'aperçois ton visage blessé, fatigué de ces batailles acharnées
Je suis si heureuse de retrouver l'homme de mes pensées.
J'ai eu si peur que le flot des coups t'ait emporté.
Epuisé par ces efforts, tu tombes dans mes bras,
Ce corps lourd s'abat inerte sur moi
Ce souffle que je sens me fait comprendre que la vie est encore en toi.
Rassurée je t'autorise à fermer les yeux
Ton visage blafard m'émeut
A mon tour je m'abandonne à la fatigue qui réside en moi
Je suis en paix de te savoir là ...
Pas envie"
J'ai pas envie de dormir
J'ai pas envie d'entendre leur sérénade
Pas envie d'entendre leur mots abjects
J'ai pas envie de toi, pas envie de sentir sur moi ton corps de malfrat
J'ai pas envie de réfléchir avec mon cerveau
J'ai pas envie d'avoir envie
Et puis j'ai pas envie de m'emprisonner l'esprit avec un engagement
J'ai pas envie de leur dire bonjour
Pas envie de m'abaisser à sa volonté
J'ai pas envie qu'il me rappelle
J'ai pas envie de devenir sa gueuse
J'ai pas envie d'être malchanceuse
Pas envie d'être sauvée
Pas envie d'être amoureuse
Ni d'être envieuse
Encore moins d'être orgueilleuse
Surtout pas me transformer en bêcheuse
Et puis j'ai pas envie de continuer ce poème
"D'amour à volonté"
Rappelons-nous ces jours désenchantés
Et ces visages saignés
Les mains attachées
Les regards vidés
Les bras lacérés
Ces corps maigris
Ces nuits passées dans l'oubli
Ces cris, ces râles nous évoquaient combien le mal les affligeait.
Chaque jour était une nouvelle lutte à engager
Leur foi demeurait
Chaque instant, ils espéraient retrouver le sens du mot liberté
Certains périssaient, d'autres résistaient
Pour eux, respirer devenait une souffrance en plus à supporter
Torturés, humiliés, on les traitait comme des bêtes à exterminer
Dépourvus de dignité
Ils mouraient entassés...et le monde continuait toujours de tourner...
Alors, si c'est un homme, lui parler d'amour à volonté.
"La décadence"
Une femme petite et frêle se baladait avec en elle une certaine mélancolie
Pour elle, la vie était vide de sens
Elle ne trouvait pas refuge
Elle marchait dans cette forêt, dont l'obscurité pénétrait comme elle pénétrait ses idées
Son âme quittait l'ombre de son corps
Peu à peu, elle devenait aussi morte que cette forêt
Quel était le but de sa vie?
Elle se résolvait à ne pas en trouver
Un moyen imparable lui vînt à l'esprit: l'autodestruction
Elle se laissait ainsi aller à la dérive
La cadence de ses pas ralentissait à mesure qu'elle avançait
Le refus de continuer à vivre s'installer en elle
Comme un enfant, elle se suppliait d'arrêter cette marche macabre
Pourquoi? Se disait-elle
Elle s'abandonnait alors, dans cet endroit funèbre qui n'était autre que le lieu de son trépas.
"La fille perdue"
Elle se sent si inutile dans cette galère de merde, si baladée d'émotions en névroses.
Elle passe sa vie dans les méandres de son imagination.
Et quand elle regarde ces images, ces visages, ces corps à demi vêtus qu'elle désire tant, elle est désespérée.
En fait elle ressent un mélange de désespoir et d'envie. L'envie de toucher, de baiser ces peaux qu'ils l'appellent... Pour elle c'est un supplice, c'est une horreur que de rester frustrée devant ces papiers glacés... c'est alors qu'intervient le désespoir. Elle se prend pour une damnée et fait n'importe quoi, mettant son corps à rude épreuve. Elle délire parce qu'elle veut fuir hors d'elle, cette expression, qui lui va si bien...Elle frappe les murs avec ses poings, elle lèche son parquet mais ne touche plus pied et là elle se sent bien, elle se sent libre, l'alcool l'a délivré pour quelques instants. L'alcool lui fait toucher le sol et en même temps la fait planer. Elle crie sa détresse, elle crie ce mal être qui la ronge toute entière, elle crie ses amours illusoires. Cette folie passagère lui permet de s'exprimer mais le pire c'est la descente, c'est le retour, là où tout est moche, tout est implacable, tout est à vomir, tout est à détruire.
"Amour"
Amour trop court
Amour chanté
Amour velours
Amour chantier
Amour sans retour
Amour trompé
Amour malin
Amour caché
Amour coquin
Amour physique
Amour chagrin
Amour unique
Amour semblant
Amour rituel
Amour sanglant
Amour fusionnel
Amour détour
Amour à mort
Amour tout court
"La liberté"
La liberté, je veux parler ici de la vraie liberté. Pas celle que l'on se monnaye en brandissant avec fierté toutes ces merdes que l'on possèdent et qui font de nous des êtres socialement intégrés au progrès et esclaves d'un monde que l'on consomme et qui nous consume.
Non, pas cet pseudo liberté, moi je veux parler de la liberté du corps et de l'esprit, celle pour qui on se révolte, pour qui on ose se battre physiquement au péril de notre existence. Celle que l'on veut arracher aux dictateurs. Celle qui nous ouvre l'immensité du monde et de la vie...de cette vie qui n'était plus nôtre, de cette vie que l'on nous avait pris par égoïsme. Il faudra tout reconstruire, tout recommencer, apprendre à vivre en regardant devant soi, en regardant ce vaste champ de neige qui s'offre à nous, en respirant chaque seconde le bonheur de cet état et en se jurant de ne plus jamais en être privé.
"L'orage"
Dans la profondeur de la nuit, l'orage se prépare, se hâte. Le ciel est clair légèrement rougi, le vent se lève comme pour annoncer un mauvais présage, mes poils se hérissent. Les éclairs illuminent la toile sombre du firmament. On sent, on sait que c'est imminent.
D'un seul coup, le tonnerre retentit, le ballet va commencer.
La chaleur chute pour laisser place à la fraîcheur des trombes d'eau qui tombe à présent, libérant nos pauvres terres de la sécheresse. Le vent devient à présent tempête et déchaîne les arbres, on craint de les voir s'abattrent sur nos maisons, les détruisant, nous laissant comme de vulgaires sinistrés.
Mais bien qu'il suscite peur, cet orage est salvateur, il libère nos corps meurtris par cette chaleur bien trop pesante que l'on nomme canicule et qui agace nos esprits.
Les éléments s'expriment et je me tiens debout à ma fenêtre scrutant le spectacle. J'hume l'odeur que font les goûtes d'eau mêlée à la terre, depuis que je suis petite, j'ai toujours aimé cette odeur, elle m'apporte, allez savoir pourquoi, une certaine sérénité. J'aime le phénomène qui est entrain de se dérouler, il est si beau, si indomptable, il fera peut être des ravages mais c'est ce qui constitue sa force, cette force que personne ne peut lui enlever et surtout pas l'homme, oh non, surtout pas ce satané homme qui cherche à tout contrôler. Il fera les ravages dans cette liberté qui lui appartient. Je voudrai à cet instant qu'il me foudroie, qu'il m'attaque pour me rappeler que je ne suis faites que de chair et de sang et qu'il est bien plus fort que moi. Bien plus fort que mon orgueil, que ma culture, que ma jalousie. Je voudrai qu'il m'envoie une sacrée décharge qui me remettrai les idées en place.
Je suis aux premières loges de cette mini tempête et j'aime ce spectacle, j'aime cette idée de ne pas pouvoir maîtriser, j'aime être surprise par la violence de la foudre qui peut s'abattre n'importe où, n'importe quand. C'est bon de se rendre compte que l'on est qu'humain, misérable petit humain, si impuissant face à la majestueuse mère nature. Cette mère nature, qui par notre faute, qui par ce gâchis que l'on opère depuis longtemps aura raison de nous, un jour, une bonne fois pour toute. Là ce n'est encore qu'un avertissement mais bientôt ça pourrai être le chaos...
L'orage va durer une bonne partie de la nuit, demain matin il y aura quelques traces de son passage.Seulement quelques car les orages par chez nous en Touraine sont rarement d'une extrême violence. La chaleur rebattra son plein au c½ur de l'après midi et nous pauvres petits terriens, on priera pour qu' un autre orage salvateur... viennent nous sortir de ces effluves caniculaires.
"Idéal"
Mon émoi,
Ton corps me fait vibrer
Ta voix me séduit
Tes yeux me déchirent
Sous ce visage d'homme se cache, un beau démon
Qui aime le vice
Tu es si cruellement parfait que j'ai l'impression de ne pas te mériter
Je t'ai longtemps imaginé, mais maintenant tu es réalité
Mon âme est à toi
Je t'aime, mais est ce le mot qui convient ?
Non, il ne te plairait pas
Mon existence prend la couleur noire depuis que ton ombre de mort s'est reflété à ma vie de colibri.
L'avenir, je le vois avec le sang de tes victimes sur tes doigts
Et parmi ton monde de bête sauvage
Je veux connaître les pulsions
Je veux perdre la raison
A ce jour, aucune souffrance ne serait égaler le mal que tu me procure.
"L'amour impossible"
Elle est de l'autre côté, lui en face d'elle, il la regarde mais elle ne le voit pas.
Il lui hurle que sa vie n'est faites que pour elle, que si elle lui demandait il ne vivrai que pour elle...elle ne l'entends pas.
Il passe ses journées dans la pénombre à la regarder, à l'admirer, à l'aimer en secret mais pour elle, il n'existe pas.
Elle est dans la lumière, lui dans son ombre, depuis de tant d'années il l'aime dans cet anonymat qu'elle ne soupçonne même pas.
Elle mène une vie faites de projecteurs, lui se réchauffe de leur lueur le temps de quelques heures mais elle ne le voit toujours pas.
Il rêve d'elle, toutes les nuits il la tient dans ses bras, il l'aime avec toute sa tendresse, toute sa passion mais le jour apparaît et alors l'espoir s'en va.
Il vit un amour impossible, il crèvera en manque d'elle, elle ne le sentira même pas mais il aura vécu en l'aimant bien plus que son petit « soi ».
"Les possessions"
Les possessions...il est évident que cela nous détruit. Notre bonheur est si vide de sens. Gagner de l'argent pour assouvir nos envies de posséder, pour construire nos destins si fragiles. On ne connaît rien de mieux que le bonheur que l'on nous dicte. Nous sommes asservis par nous même et nous nous laissons piéger par toutes les tentations que nous offre ce monde. Il est si inutile, si dérisoire, de nous plonger dans des réflexions qui se détachent de ce à quoi nous sommes destinés.
Nous? Notre idéal? Etre riche pour s'acheter une liberté. Quelle liberté? Celle de ne plus travailler, de faire le tour du monde, de se payer des merdes qui nous servent à rien. Bref, croire que l'on sort du système alors que l'on y reste avec nos pulsions de consommateurs. Une liberté bien aliénante, qui nous poussera toujours à en avoir plus. Alors, on croira que l'on est heureux parce qu'il n'y a rien de mieux dans ce bas monde. Et puis...viendra le moment pour nous de rendre l'âme, de regarder le film bien dramatique de nos vies et de se dire mais qu'avons-nous fait de ce cadeau que la nature nous a donné ? Qu'avons- nous fait de cette vie, à part répondre aux exigences d'une société si étriquée qui aura fait de nous ce qu'elle voulait ? On voudra alors encore du temps pour essayer de vivre loin, très loin de ce système barricadé mais il sera trop tard, on crèvera, épuisé avec cette sensation d'avoir vécu emprisonné, n'ayant jamais pu « être » tout simplement « être ».
END